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Décès de Marie Nicolaï

Chers Amis,

Nous venons d'apprendre avec tristesse le décès de Marie Nicolaï.

Cette brillante romancière illumina longtemps de sa belle présence nos soirées des lettres et fut vice-présidente de notre association durant de nombreuses années.

Nous nous souvenons d'elle avec beaucoup d'émotion et adressons à ses proches nos condoléances les plus émues.

Les membres du Conseil d'Administration de l'Association des Ecrivains belges
et
Anne-Michèle Hamesse
présidente.

 

 

Le temps n’avait guère de prise sur Marie Nicolaï, ma voisine. Nul ne pouvait ignorer qu’elle était une femme de classe, délicieusement moqueuse et impertinente à des moments précis de sa réflexion : « Quel âge me donnes-tu ? », me répétait-elle,  sachant que, de toute évidence,  elle préservait une beauté visible et invisible.  J’aimais sa manière de tirer des leçons de tout, de rendre sa vie infiniment riche d’observations et de sagesse. Elle banalisait les nouvelles sordides et se passionnait pour les affaires de cœur.  Le sien a battu bien longtemps pour la plus grande joie de sa famille et de’ ses amis. Marie fut et reste une romancière habile, talentueuse et jalouse des mots « bien en place », notamment dans « La tisanière » (1994)  « La gagnante »(1976), « Les feuilles bleues » (2002) et « Convergence » (2003). Née à Liège en 1923, Marie avait gardé pour sa ville le regard de Chimène. « J’étais faite pour le cinéma ! » me confiait-elle, et qui s’en étonnera ? Elle avait les yeux de Michèle Morgan , la passion du geste et le goût des autres. Henri Guillemin disait d’elle : « Elle écrit parce qu’elle a des choses à dire, parce que sa vie, si peuplée qu’elle soit, et vouée d’abord aux autres, ne serait pas complète sans l’élaboration, sans la lente et perpétuelle genèse de ses écrits qui sont en  même temps des chansons. » Elle me parlait de ses enfants, l’essentiel de sa vie, participait à bien  des associations et il m’est arrivé plusieurs fois de la conduire à la Maison des Écrivains pour lui permettre d’assister aux Soirées des Lettres qu’elle aimait tant. Il y a deux mois, elle m’a téléphoné : « Qu’est-ce que tu deviens ? »… Mais que devenons-nous, Marie, les uns sans les autres, l’un sans l’autre ? La mort ? Tu aurais haussé les épaules si un importun t’avait soufflé le mot… Ni médiocre, ni redondante, ni vulgaire, la vie que tu dévorais à pleine bouche a dû te perdre par distraction.

Michel Joiret

 

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