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UN GRAND BONHEUR : UNE ÉCOLE PORTE MON NOM !

Il y a deux semaines tard le soir, après une journée qui avait accumulé comme il arrive parfois un concentré haute pression de mauvaises nouvelles, je regarde, avant le coucher, la messagerie. Et je lis cette nouvelle inattendue et réjouissante: l’école élémentaire publique de la ville de Neuville-aux-Bois dans le Loiret près d’Orléans porte désormais mon nom. Beaucoup d’écoles en France, et c’est heureux, ont des noms d’écrivains, en particulier de poètes, j’insiste toujours quand j’en visite une pour pouvoir prendre le temps de parler du poète en question aux élèves, le monde ayant un besoin on ne peut plus urgent de poésie. Mais c’est un privilège si rare pour un poète vivant (et qui plus est belge en France !) qui m’échoit aujourd’hui. A présent, il m’est permis de partager avec vous cette nouvelle et, pour ceux qui aiment flâner dans la région les mercredis après-midi, sachez que l’inauguration officielle aura lieu le 13 décembre à 15h30. J’en suis heureux et fier, naturellement , mais ceux qui me connaissent savent que la gloriole n’est pas du tout mon genre. D’ailleurs, le fait d’énoncer le nom d’une Ecole Carl Norac, ce qu’ont fait aujourd’hui les enfants en ma présence, m’apparaît encore assez surréaliste. Ce qui me touche est bien plus intime, en voici, en quelques mots pour vous, mes amies, mes amis, les raisons. Mes parents sont artistes, aussi instituteurs, tombés amoureux ...dans une école, l’une remplaçant l’un grâce à un rhume providentiel ( en tous les cas pour ma future existence ). Moi-même, avant d’être bibliothécaire, professeur de littérature pour comédiens du Conservatoire en Belgique ( puis de voler de mes propres ailes, vivant « de ma plume », avec des hauts, des bas, ce que plume et ailes semblent supposer ), j’ai eu mon premier poste à l’école élémentaire d’Enghien ( Hainaut ). Ensuite, il s’agit ici d’une école du Loiret (une belle commune de 4500 habitants et un établissement délicieusement bordé d’arbres, comme l’indique en reflet cette photo d’hier midi ). J’habite en effet le Loiret depuis juste vingt ans (à Olivet), et voici un signe pour me dire, plus que symboliquement : « Tu es aussi ici chez toi ». Plus secrètement, ce qui m’a ému est le fait qu’il s’agit d’une école en bordure de forêt (de la plus vaste forêt domaniale de France métropolitaine,-on le sait trop peu : la forêt d’Orléans). Il faut savoir que j’ai passé mon enfance dans une forêt et que j’avais l’âge où l’on prétend tomber en amitié avec les arbres, y entrer pour trouver des trésors, comme dans le premier conte d’Andersen, persuadé que ces arbres marchent de manière insoupçonnée, qu’ils parlent en prétextant le vent pour nous dire des vérités. J’ai proposé de venir voir les élèves tout de suite, j’y suis allé hier, ai rencontré les douze classes, apporté une quarantaine de livres pour leur bibliothèque, montré une partie de ma collection débordante de sculptures Inuits (leur thème de l’année étant, par chance pour ma passion, le Pôle Nord) et leur en ai offert une, un phoque souriant , serein, en pierre à savon (et en symbiose).
Les enseignantes, les enfants m’ont reçu très chaleureusement et les questions ont fusé, du genre « Ta boulangère te demande-t-elle des autographes ? » (ce qui m’a permis de virer de bord pour parler d’écrivains que j’adore, si oubliés derrière leurs personnages et pas seulement de la boulangère : Matthew Barrie et Peter Pan, Edgar Rice Burroughs et Tarzan, ce génie de Collodi et son Pinocchio...). J’aime surtout les réflexions inattendues et décalées, comme ce garçon hier qui, après m’avoir dit qu’il avait aimé apprendre un de mes textes, s’est approché au moment de la sortie des cours et a ajouté, en tendant la main : « Je te touche le bras pour voir si tu n’es pas un hologramme ! ». Cela m’a beaucoup fait rire et ensuite j’ai pensé à une des raisons pour lesquelles c’est important que nous allions parler de poésie et d’histoires, avec nos fragilités comme avec nos lumières, simplement déjà pour que les livres puissent avoir un visage qui vient à leur rencontre, pas l’image abstraite qui serait forcément celle d’un passé, aussi glorieux soit-il. Il n’y pas longtemps, une petite fille de 8 ans quitte le rang quand la classe sort d’une rencontre avec moi. Elle doit me parler rien qu’à moi et me lance : « Tu sais, ça m’a fait du bien de t’écouter ». Je la remercie. Elle précise : « Parce que je pensais que tu étais mort ». J’ai aussi bien ri. Mais pour elle oui, un écrivain, c’était vraiment lointain. Pour celles et ceux qui vagabondent en cet autre beau plat pays le 13 décembre, j’y serai en présence de Monsieur le Maire Michel Martin, des enseignants, de leur directrice Madame Martins, des enfants, des parents , des habitants de la ville. Pour trouver l’école, pas besoin de voix électronique : repérez le clocher de la superbe église ancienne du XIIème siècle, suivez la douce ligne des arbres, nous serons là.

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