En hommage à Marie-Claire Beyer

CE JEUDI 4 JUIN 2026…

 

Oui, ce jeudi 4 juin, je songe…

Rien ne me permet de quitter ce que j’ai perçu la veille, au soir.

Qui n’a vu, un jour, la brillance du regard intense de Pietro Pizzuti n’a rien vu. Tout un corps se meut soudain dans l’espace pour dire le mot, pour donner la phrase, et qui mieux que lui peut accorder le don du texte à partager. Une voix à nulle autre pareille fait vibrer l’air que chacun respire et pénètre l’esprit jusqu’à l’âme.

Il y a lui qui va et vient, donne et prend, ouvre et ferme le cœur et la main. Il mène la parole là où Marie-Claire Beyer est en nous qui écoutons, suspendus dans le temps et l’espace d’un lieu chargé d’histoire.

La « Maison blanche » de Maurice Carême, au numéro quatorze de l’avenue Nellie Melba à Anderlecht, enserre, la veille au soir, les amis venus rendre hommage à celle qui les avait quittés un an plus tôt, le quatre juin 2025.

Que dire de la prestation des amis de la Dame « Des mots pour Dire » ?

Aussi intense que la vie le permet aux comédiens. Tellement dense et puissante qu’il faut s’y reprendre à plusieurs reprises pour oser approcher une telle aubade des temps passés, mais non perdus.

Ceux qui ont franchi le pas de la porte et qui se sont assis dans les moindres recoins de la pièce exigüe ont su qu’ils ne sortiraient pas indemnes de cette évocation poétique. Les mélodies de Ryuichi Sakamoto, les extraits de textes dits autrefois par Marie-Claire, ceux joués par Pietro Pizzuti et Laurence Vielle autour d’une large table de chêne, les jeux de lumière et de nuit offerts par Patrice Fincoeur, dans une harmonieuse et savante mise en scène, tout chantait la présence de Marie-Claire parmi nous.

Les poèmes de Christian Bobin, Maurice Carême, Colette, Yves-William Delzenne, Patrice Fincoeur, Khalil Gibran, Maurice Maeterlinck, Jeanine Moulin, Géo Norge, Odilon-Jean Perier, Sei Shônagon, Andrée Sodenkamp, Lucie Spède, Jules Supervielle et Liliane Wouters, chantent en nous par la mémoire d’instants rares vécus ensemble, tant et tant de fois, en tant de lieux particuliers, où se produisait Marie-Claire, au Théâtre-Poème, aux Midis de la Poésie, au Théâtre de l’Esprit frappeur ou lors des Voyages en pays d’écriture de Michel Joiret.

Benoît Beyer de Ryke, assis dans un ample fauteuil, un ordinateur sur les genoux, veillait à lancer à point nommé les extraits lus jadis par Marie-Claire.
Deux tableaux sur l’appui de la fenêtre, l’un de Patrice Fincoeur intitulé « Portrait jaune », l’autre de Gilles Beyer de Ryke « Les voyageurs du vide », attendaient patiemment le regard des spectateurs.

Un duo improvisé, sur un geste de la main tendant un verre, a soudain réuni les mots de Pietro Pizzuti à ceux de Gilberte Eulaerts, qui avait autrefois si souvent dit de ces textes aimés par Marie-Claire.

Albert-André Lheureux, Agnès Sautois, Theresia Erich, François-Xavier Lavenne et tous ceux qui venaient de savourer ces partages, n’ont pu que laisser leur admiration s’exprimer au final du spectacle d’un soir, dédié à une grande dame des lettres.

Hommage de qualité qu’a sans doute - qui sait, depuis l’éther qui nous entourait d’une aura puissante - vécu intensément, avec nous, Marie-Claire Beyer qui ne nous a jamais quittée.

Mireille Dabée

 
 

Récital poétique en hommage à Marie-Claire Beyer (1937-2025),

Donné le mercredi 3 juin 2026, à la Maison blanche de Maurice Carême.

Parmi les poèmes évoqués, retenons :

Mère, je me souviens / Mère le printemps, de Maurice Carême

Ma terre feuillue / Je suis du temps, d’Andrée Sodenkamp

Le dernier feu, de Colette

La présence pure, de Christian Bobin

Ma mère n’entendez-vous rien / Et s’il revenait un jour, de Maurice Maeterlinck

Je t’offre un verre d’eau glacée, d’Odilon-Jean Perier

Le Bal masqué, de Géo Norge

Naissance d’un poème, de Liliane Wouters

L’Evidence / Epitaphe, de Jeanine Moulin

Absence / Le miroir / Portrait jaune, de Patrice Fincoeur

Un Dieu / Le voyage / Chambre d’hôtel, d’Yves-William Delzenne

Le Prophète : la Joie et la Tristesse, de Khalil Gibran

Coulée / Renouveau / Petite vie /Fugace, de Lucie Spède

 

Parmi les évocations de lectures enregistrées de Marie-Claire Beyer :

Notes de chevet, de Sei SHônagon

Poème amérindien

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